Iz avance

 

Luxure 9 octobre, 2011

Classé dans : — Iz` @ 12:17

Le Marquis de Sade disait d’elle qu’ « il n’y a point de passion plus égoiste que la luxure » deux siècles après que Shakespeare ait affirmé que « l’amour, c’est le soleil après la pluie, et la luxure, c’est l’orage après le soleil »… Et alors que j’ai toujours vu le côté excessif de la luxure, je n’en ai jamais vu le côté sombre que ces deux grands auteurs soulèvent.

Je n’y avais certainement pas assez réfléchi, certainement… Ce qui est assez étonnant quand on sait que j’aime ce mot au point que j’ai longtemps pensé à me le faire tatouer… Très surprenant donc que je n’en retienne que le beau, alors que la luxure fait tout de même partie des 7 pêchés capitaux (qui sont, je le rappelle, selon la religion catholique à l’origine, des « fautes » dont découlent les « vices« ) : le champ lexical traduit clairement quelque chose de malsain, de pervers

Les définitions glanées se ressemblent toutes et peuvent être résumées par « recherche excessive des plaisirs charnels pour soi-seul« .

L’idée de recherche excessive, je la saisis bien, pour l’avoir pratiquée… Avoir envie d’un corps, faim de baisers, soif de caresses… Etre empli d’une énergie telle qu’elle pousse à toutes les folies, à tous les excès. Se donner sans retenue, prendre presque sans demander, se complaire dans un état euphorique où seul le plaisir compte.

Mais le côté égoïste que les définitions du net balancent allègrement n’est-il pas un tantinet galvaudé ? Je ne me suis jamais contentée de prendre sans demander mais ai toujours donné sans retenue en contrepartie… L’un ne va pas sans l’autre ! Où est le réel plaisir charnel quand il n’y a pas une communion parfaite de deux désirs qui se cherchent, se trouvent et se comblent mutuellement ?

La luxure n’est pas une passion égoïste, n’en déplaise à celui dont le nom a donné naissance au sadisme (c’est dire à quel point ce type n’avait pas toute sa tête, quand même… ;-) )… Elle est au contraire le partage, le mélange de deux énergies ; chacun se sert de l’autre pour apaiser sa faim, et réciproquement !

La luxure n’est pas l’orage après le soleil, n’en déplaise à celui qui n’a fait du romantisme que des tragédies (c’est dire à quel point celui-là, lui, avait une grande confiance dans les rapports entre les Hommes !!!)… Elle est au contraire une bulle de liberté dans laquelle flottent deux personnes qui se font suffisamment confiance pour s’offrir des plaisirs libérés de toute contrainte morale. Elle est un arc-en-ciel sur lequel glissent deux amants qui ont en commun l’envie un peu folle de faire de chaque moment un instant plein de jouissance absolue. Un kaléidoscope, des flashs de couleurs

La luxure n’est que plaisir.

Finalement, je préfère m’en référer à cet auteur, beaucoup plus contemporain, qui a associé la luxure à mes deux autres pêchés capitaux « préférés », créant ainsi une définition parfaite de celle que je crois être aujourd’hui.

Je laisse donc le privilège des derniers mots de ce billet à Monsieur Jean-Louis Bory, qui a été fort inspiré lorsqu’il a un jour dit : « Gourmandise, Paresse, Luxure : ce sont les trois vertus cardinales, les vertus de la Fête. Le Paradis sur Terre« .

 

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